Au nom de Dieu! Quelle connerie…

Au nom de Dieu ! Quelle connerie…

 

Je dois aimer mon prochain
Jusqu’à le faire mourir pour son bien

Je dois faire la paix autour de moi
Quitte à prendre les armes pour y parvenir

Je dois garder une place pour le pauvre
Même si je lui ai moi-même coupé les vivres

Je dois respecter les anciens
Surtout quand ils sont déjà morts

Je dois prier Dieu et chanter ses louanges
Quitte à percer les tympans des anges

Je dois protéger le corps des femmes de tous les regards
Car sa beauté détourne mon âme du chemin qui mène à Dieu

Je dois trouver la paix intérieure
Car partout je sème la guerre à l’extérieur

Je dois tenir bon face à la tentation de la beauté du monde
Car mes besoins naturels m’éloignent de la route de la félicité

Je dois transmettre ma foi à mes proches
Même s’il me faut la faire entrer à coups de pioche

Je dois écouter la parole de Dieu plus que celle de ma mère
Même si elle me parvient de la bouche des vipères

Je dois exploiter mon prochain par tous les moyens possibles
Car les vipères ont besoin d’argent pour servir la cause de Dieu

Je dois crever les chairs, cracher les cœurs, vomir les entrailles
De celui qui n’a pas pris le bon chemin

Depuis toujours, pour l’éternité et dans le monde entier, je dois fendre, tailler, meurtrir, occire, égorger, exécuter, supplicier, décapiter, noyer, étrangler, lapider, pourfendre, éventrer, trucider, assassiner, exploser, décimer, écraser, finir, exterminer, anéantir, rayer de la planète tout ce qui n’est pas éclairé par la lumière de Dieu. Car Dieu est Lumière, Dieu est Amour, Dieu est Paix.

Je dois pouvoir éclabousser les païens de ma propre chair
Et mourir debout, me tenir fier face à Dieu dans une flaque de sang humain
Au nom de Dieu ! Quelle connerie…

 

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Convoi Sanitaire

Convoi sanitaire

Génial !
mon génie de bacchanales
m’accorde un sursis de succion
de sucs
j’arrive butor dans mon giravion aéronef à rotor en hyper sus
tentation dans les airs
déploie mes talents avioniques ma
pratique
d’atterrissage en terrain miné je
manie magnifiquement le manche because baptême bionique
en douceur sans heurt
je mets le cap sur le décapsuleur
je me pose cool sur la goule fuselée
d’une bouteille
et
hop
pilote automate
je m’alanguis enfin la langue en entonnoir jusqu’au cul con
vexe
de la burette
j’envoie convoyer le tord-boyau dans le compartiment à fret
ce soir c’est fête je vrombis du train
en trin
quant
radars au repos
je troque mon truck ailé contre le planeur en ascensionnel
figures libres dans la station orbitale mir
ette
je m’avitaille en mousse
française
j’adore la seize

Bureaucratie

Bureaucratie

On n’est pas aidés
On n’a pas eu de chance au lancé des dés
On n’a pas eu tout ce qu’on a demandé
Et c’est maintenant qu’on est tout ridés
Qu’il va falloir braire et puis quémander
On n’a pas idée.

On aurait bien dû s’jeter à la baille
On aurait bien dû livrer la bataille
Avant que déçue l’envie ne s’en aille
Avant que les autres ne trouvent la faille
Que même les corbeaux ne voient plus en nous
Qu’un épouvantail.

On est en détresse
On agite les bras et on baille des fesses
On y laisse entrer toutes les promesses
On veut être les seuls mais pas qu’on nous laisse
La nuit on sursaute si on nous caresse
On veut que ça cesse

Alors on parade
On monte des marches, on fait l’accolade
On s’assoit sur toutes nos vieilles balades
On gueule en plein jour à la cantonade
Mais on pleure la nuit dans nos sueurs froides
On a l’âme malade

Qu’est ce qu’on va faire ?
Qu’est ce qu’on va dire qui ne soit vulgaire
Qui nous fasse briller sans les lampadaires ?
Qui nous consolera comme l’ont fait nos mères ?
Quand le fer rouge nous fendra l’artère
Qui voudra encore nous sauver en frères ?

Ce jour là qui vient, de la guillotine
On creusera la terre jusque sous les ruines
C’est là d’où on vient, c’est là nos racines
On pissera le sang, boira notre urine
Et puis on cachera nos moustaches mesquines
Pour prier Lénine

Ode à tout ce qui se boit, ou pourquoi ne faut-il pas s’emmerder à toujours faire attention

Ode à tout ce qui se boit
Ou pourquoi ne faut-il pas s’emmerder à toujours faire attention

J’ai bu du Bonnezeau dans les jupes de ma mère
J’ai caressé des chats, des chiens et des chevaux
J’ai humé les odeurs épicées du méchoui
Et celle du Végébom sur les boutons d’insectes

J’ai bu du Rivesaltes dans le parc public
En fumant des bananes et des clous de girofle
Je n’étais pas sérieuse, même si j’avais 15 ans
J’en ai pissé de rire tellement que j’ai ri

J’ai bu du blanc coke frais et de la bière citron
En jouant au ping-pong au fond d’un bar keupon
Avec dans le walkman des rythmes de barjots
De types qui auraient mis le pied sur une punaise

J’ai bu du Cru Bourgeois autour de bonnes tables
Où j’ai refait le monde depuis la préhistoire
J’ai chanté ma révolte sur une guitare saoulée
Et plus tard j’ai dansé, après l’eau de vie de poire

Puis j’ai bu du sirop et des jus de fruits sains
J’ai dansé comme hier mais en moins lamentable
Et j’ai donné à boire du bon lait de mes seins
Open-bar et after pour joli petit diable

J’ai bu de la tisane de sauge et de tilleul
Fait des incantations et des massages aux huiles
J’ai trié, composté, recyclé mes désirs
Et j’ai cru m’endormir sur du laurier sauce

J’ai bu du bon Corbières, du mauvais Beaujolais
J’ai bu la chicorée, l’Antésite, le café
J’ai bu toujours trop de et pas assez non plus
Toujours plus qu’il ne faut et trop peu pour pouvoir

J’ai bu car j’avais soif et sans mâcher mes mots
J’ai levé mon ballon et crié aux copains
Ceux d’antan, ceux d’hier et même ceux de demain :
Qu’il fait bon boire un coup sacré nom d’un boudin !