C’est si bon pour moi

C’est si bon pour moi

 

Adieu veau, vache, cochon, couvée !
Adieu mouton, canards et emplumés !
Adieu cheval, mon ami, chat mon frère, chien mon fidèle !
Adieu Jeannot lapin, Moby Dick et Bambi !

Je vous ai déjà tous au fond de ma besace
Il faut que je vous dise qu’avec le temps qui passe
Je vous ai tant aimé que je n’ai plus d’amour
Pour vos toisons de soie et vos pattes de velours

Vous n’existez plus à mes yeux de sadique
Dès que vous franchissez les cloisons de plastique
Dès que vous pénétrez dans les hangars de tôle
Je ne veux plus pour vous ne jouer aucun rôle

Vous n’êtes plus vivants, vous n’êtes même plus bêtes
Vous êtes des protéines en-dessous d’une tête
C’est cela qui importe, vous êtes un bon apport
J’ai besoin de vos muscles pour assurer au sport

Je vais vous faire souffrir et puis vous équarrir
Je vais vous faire saigner, mourir et même pire
Je me sens invincible lorsque je vous torture
Je me sens tellement fort que je veux que ça dure

Alors j’y mets les formes, je m’applique à l’ouvrage
Dans vos yeux rendus fous je puise mon courage
Je vous brise les os, je jouis dans vos souffrances
Je suis la toute puissance de l’intelligence

Sous les films plastiques, vous n’êtes que du néant
Que des boulettes fibreuses qui se coincent dans mes dents
Vous n’êtes plus des cochons, vous n’êtes que du porc
La queue en tire-bouchon, ce n’est que du folklore

J’aime les animaux, ceux qui baissent les yeux
Et qui savent me faire croire que je règne sur eux
Je veux du steak haché, du hachis, du foie gras !
Mais gare à qui touchera à mon fox à poil ras !

 

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