Viens danser sur les cendres encore chaudes de ce monde mourant !
Le carrosse des Fées, tiré par les Licornes, foule sur son passage les déchets de nos villes.
Kebabs et pizzas moisissent sur la terre et nourrissent les bourgeons de fleurs iridescentes.
Le temps est un ami qui passe sur nos vies et nettoie nos souvenirs de dix siècles vulgaires.
Une bise douce et fraîche nous embrasse tendrement. Aucune rancune n’existe chez notre Mère. Dans le sein de la Terre, il y a juste à se taire. Pleurer comme des enfants. Puis dormir en rêvant.
Dansons sur le charnier de la Grande Décadence ! Laissons venir la transe, ouvrons grands tous nos sens. Sur les tambours battons tous nos cœurs en cadence. Vivons la Renaissance.
A l’eau de la rivière, sous le chaos des pierres, j’ai bu jusqu’à l’ivresse l’élixir de jouvence. Une marée d’étourneaux, en concert géant, a fait exploser l’onde des flux satellitaires. La grande toile d’araignée de nos données cookies laisse s’effilocher ses liens hypertextes dans le vent salvateur. A la bonne heure !
L’ère grossière s’éteint. Faisons pipi dessus afin qu’au grand jamais ses bubons ne regonflent. Nettoyons nos plaies et berçons nos enfants, encore traumatisés par les bouillies acides qui ont nourri leurs rêves. Ils portent déjà en eux mille générations de notre descendance, mille aurores boréales et autant d’arcs-en-ciel.
Sur la route, j’ai pu voir le diamant affleurer sous la croûte de bitume. La beauté est prête pour reprendre les rênes du cheval de nos vies.
Viens danser avec moi, mon ami, mon frère, toi qu’on m’avait caché derrière une frontière. Il n’y a plus de limite au flux de notre amour. Ni douane, ni passeport au croisement des artères où coule le même sang.
Dansons comme des enfants, sans le filtre à pixel de leurs écrans géants. Dansons juste l’instant, remplissons de nos joies la toile du firmament.
Il est venu le temps !

