Je veux être de celles qui sifflent contre le vent
Elles qui se dressent à moitié nues dans la tempête
Et qui hurlent des mots magiques à la face des tyrans
Elles qui ont fait de la mort une fête
Je veux être de celles qui dansent autour du feu
Qui récoltent leur sang pour l’offrir à la Lune
Elles qui parlent au fleuve comme tu parles à ton dieu
Et qui aiment l’armoise pour son amertume
Je veux être avec elles qui accouchent les enfants
Et qui mènent les vieillards sur leur voie de lumière
Qui font des pieds de nez aux passants bien-pensants
Et fabriquent l’Amour dans leurs sombres soupières
Je veux être de celles qui soignent les lépreux
Qui câlinent les serpents, embrassent les crapauds
Qui aiment avec leur ventre et touchent avec leurs yeux
Nourrissent le cœur des hommes comme de petits oiseaux
Suis-je de celles-là, enroulées telles des lianes autour du tronc des hêtres
Et qui soufflent autour d’elles des mots qui font l’Amour
Celles qui ont au fond d’elles leur feu comme seul maître
Et comme seul espoir d’être en vie pour ce jour ?
Femmes du fond des âges, sauvages et chasseresses
Vous êtes mon soleil dans ce monde plastique
Montrez-moi le chemin, mes chères sœurs déesses,
Et transcendons ensemble la femelle bionique !
2024.10.07

