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Clin d’œil de Baleine

La Grande Baleine nous a portés dans son ventre
Pendant dix mille Soleils et dix mille Lunes
Elle nous a baignés de son énergie de lumière
Elle nous a nourris de son sang rouge et noir

Et nous voilà ce soir

Une Femme, un Homme, une Multitude
Echoués sur la Terre sans savoir quoi faire
Comme des marionnettes avec les fils coupés
Avec tout à réapprendre
Comment naître, comment grandir, comment aimer
Comment mourir et même comment respirer

Une Femme et un Homme tout nus sous le soleil brûlant de notre arrogance
Qui croyons avoir tout vu, tout compris
Ivres de nos certitudes
Gonflés de notre science

Nous n’entendons pas la Grande Baleine chanter
Au cœur de notre cœur, elle vit encore
Elle nous parle de chenille et de rivière, de jaspe et de douce brise, de cheval et de fleurs immortelles
Elle chante l’Amitié et la calme langueur d’un feu en hiver
Des mots qui restent en l’air, des échos qui s’égarent
Qui ne franchissent pas le mur de notre ego

Mais elle est la Patience
Elle a tout son temps et saura attendre
Attendre qu’on écoute son chant d’Amour, sa mélopée de Paix
Echouée sur la plage, au milieu des déchets et des flaques de pétrole
Tout le monde la croit morte
Elle attend et observe
Comme une mère aimante couve du regard ses enfants turbulents

Elle ne meurt pas
Elle se tient au plus profond de nos instants fragiles
Et elle cligne d’un œil lorsqu’on se souvient

2024.11.14

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