La mélancolie l’a envouté
En grande prêtresse vaudou, elle l’a entrainé dans son obscurité
Dans les méandres des couloirs de son labyrinthe
Elle l’a attiré avec ses arguments de murène
Vers les profondeurs
Dans ses sables émouvants
Il y réside maintenant
Sous la surface du miroir
Dans l’alcôve confortable
Du creux de la vague
Il s’y tient courbé, suivant la ligne de la lame
Comme dans une caverne, un nid d’aven, un ventre de mer
Il n’y fait rien, ou rien qui vaille
Il se laisse balloter par les remous
Comme un mouton dans le troupeau
Lui qui aspirait à vivre sur la crête
Dans la lumière solaire, brillant de ses certitudes
Surfant sur l’écume de son instant de gloire
Il barbote maintenant paresseusement dans un désespoir accueillant
Il espère demeurer entre les hanches fécondes de cette mer froide
Il boit l’eau salée à même le bénitier
Jusqu’à s’en rendre saoul
Comme un enfant glouton vide le sein aimé
Il se complait longuement dans cette langueur qui le tue
La vague même éternelle pourtant ne dure qu’un temps
Toujours naissante, à jamais moribonde
Ses courbes féminines finissent par s’affaisser
Sa fougue insolente finit par s’assagir et puis se taire
Le creux de la vague implose en mousse évanescente
Pour laisser l’espace à une nouvelle manifestation d’amour
Alors il reviendra
Gonflé du flux génial d’un courant tout-puissant
Avec la vie à vivre et la mer à boire
Ecume au coin des lèvres, alluvion de spleen,
Enfant de l’émergence
Engeance de l’océan
2025.01.14

