Qui es-tu qui veux parler avec moi en espagnol ?
Qui es-tu ?
Sang de chevreuil dans mes cheveux, cœur de renard dans ma bouche
Qui es-tu au creux de mon oreille, au profond de mon sommeil ?
Quelle porte as-tu ouvert pour entrer chez moi, en moi ?
Tu es entré en moi par l’escalier en colimaçon
Tu as dégringolé de mon nez à ma gorge, de ma gorge à mon cœur
Élu domicile dans mon ventricule gauche
Et depuis, tu restes
Tu hantes mes rêves et mes visions diurnes
Tu écris mon histoire, tu me couds des costumes, me fais jouer des rôles
Petit Bouddha au pelage roux qui parle Espagnol avec l’accent Tzotzil
Derrière chacune de mes pensées
En filigrane de mon vide
Je t’aime
Mais il n’y a pas de mot pour cet amour là
Il sera à jamais non-parlé non-vu et inimaginable
Cœur de mon cœur
Matrice de ce qui est et de ce qui n’est pas
Une punaise me pique la langue
Et y laisse une affreuse amertume d’une puissance absolue
Je sais que tu te caches partout où tu le souhaites
Et que c’est aussi toi qui m’abreuves
Du poison de vie
Je ne te comprends pas
Je traîne encore mes espadrilles dans ce monde de matière
Plus pour longtemps
Je suis prête à te suivre
Prête à t’entendre guider mes pas
« A la derecha, a la izquierda »
Je veux bien parler avec toi – Inari Okami -,
De Teotihuacan
2025.05.30

