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Rêve

Tout le long du haut grillage qui borde la forêt
Des squelettes de chevreuils sèchent au soleil
Les bois incarcérés dans les tiges d’acier
Témoignent silencieusement d’un long combat mortel

Certains os sont blancs et impeccables
Comme pour une macabre leçon d’anatomie
Ils s’agencent encore dans une logique parfaite
Et on croirait parfois les voir se ranimer

Le vent brûlant assaille vertèbres et côtes
Sifflant dans ces longues flûtes d’étranges mélodies
Qui montent au-dessus des troncs noirs et cassants
Et l’oraison funèbre s’envole avec les cendres

Certains os sont encore recouverts de chair
Et des lambeaux rougeâtres s’accrochent aux cartilages
L’odeur musquée et lourde s’accumule dans les ventres
Et des insectes ailés viennent y pondre leurs œufs blancs

D’autres êtres peuplent aussi cet ossuaire-zoo
Là, dent de sanglier, ici, griffe de blaireau
Tous venus mourir contre ce haut grillage
Avec à leurs trousses le galop des flammes

Ils ont fui l’incendie qui brûle cœur de l’homme
Grand feu de sa colère, brasier de sa folie
L’enfant pourri gâté a cassé tous ses jouets
Et il se meurt d’ennui à l’aube des nouveaux temps

2025.08.25

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