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Pour l’instant

Rien n’est jamais perdu à jamais, car rien n’a jamais été trouvé
Rien n’est plus, car rien n’a jamais été
Ni l’aube gracieuse, ni le ruisseau joyeux
Ni l’éclat du tournesol, ni la courbure de tes cils

Tout cela est mouvant, émouvant, puis se fond dans le vent
Tout cela bourgeonne, s’épanouit, puis fane inexorablement
Illusions des sens, sortilèges de l’espace et du temps
Rien qui ne perdure plus longtemps que l’instant

Alors cessons de nous agiter, le temps de l’éternité
Restons allongés dans les trèfles à quatre feuilles
Ferme les yeux, pose ta tête lourde sur mon épaule
Et sens la brise de mon souffle dans ton cou

Parlons de cœur à cœur
Comme une fleur parle à une fleur
Comme un fou parle à un fou
Accrochons-nous à cet instant précieux
La prétendue réalité est un mirage consternant
Qui trompe nos sens et notre peur du noir

Je vois en toi comme dans un miroir
Petit enfant oublié dans les allées du grand supermarché
Qui cherche le sein de sa maman comme un chaton trop tôt sevré

Pourtant tu sais que la seule vérité de cette existence
Tient dans l’immobilité qui suit le pas de danse
Dans le suspens, le clignement, l’extase fragile du renoncement
Tout le reste n’est que le rêve d’une araignée

Je caresse le lobe duveteux de ton oreille
La perfection de ton existence m’émerveille
L’instant s’étend et s’ensommeille, le temps s’étire et se détend, inexistant
Nos cœurs battants l’un puis l’autre, l’un à l’autre, l’un pour l’autre
Sont consentants, contents, ne comptant plus le temps, pour l’instant

2024.12.31

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