Je laisse le marc se déposer au fond de la tasse
Je laisse la vase recouvrir ma peine
Le café palestinien n’est pas amer
Mais il fait pleurer même un cœur de béton armé
Le goût camphré de la cardamome laboure ma gorge
Et les fleurs bleues de céramique se figent dans une grimace
Que les loups soient tranquilles
L’homme n’est qu’un humain pour l’homme
L’homme n’est qu’un humain pour l’homme
Seul capable de massacrer les morts
Seul capable de détruire un champ de ruines
Seul capable de jeter l’armée contre des enfants
Le café palestinien n’est pas amer
Mon cœur, lui, l’est
Mon cœur, lui, l’est
Le printemps arrive, où sont les oiseaux ?
Mes pieds ne dansent pas, englués dans le dépôt d’un café parfumé
Ma voix ne porte pas, écrasée sous le fracas des bombes
Le cœur de la Terre est brisé
La Méditerranée est devenue rouge
Les figuiers sont morts
La poussière ensevelit les mosaïques
Et les loups sont tranquilles
L’homme n’est qu’un humain pour l’homme
L’homme n’est qu’un humain pour l’homme
L’olive cueillie dans l’arbre
Est tellement amère que le printemps n’ose pas
Mais dans mon cœur la cardamome a ouvert l’espace de l’infini
Et je rêve de voir l’espoir dans les yeux bleus d’Al Lomani
Pour les enfants de Palestine
2025.03.24
Palestinian coffee
I let the grounds settle at the bottom of the cup
I let the mud cover my pain
Palestinian coffee is not bitter
But it makes even a heart of reinforced concrete cry
The camphoric taste of cardamom plows my throat
And the blue ceramic flowers freeze in a grimace
May the wolves rest easy
Man is only a human to man
Man is only a human to man
Only one capable of massacring the dead
Only one capable of destroying a field of ruins
Only one capable of setting the army against children
Palestinian coffee is not bitter
But my heart is
But my heart is
Spring is coming, where are the birds?
My feet don’t dance, stuck in the residue of fragrant coffee.
My voice doesn’t carry, crushed by the crash of bombs.
The heart of the Earth is broken.
The Mediterranean has turned red.
The fig trees are dead.
The dust buries the mosaics.
And the wolves are peaceful.
Man is only a human to man.
Man is only a human to man.
The olive picked from the tree.
Is so bitter that spring doesn’t dare.
But in my heart, cardamom has opened the space of infinity.
And I dream of seeing hope in Al Lomani’s blue eyes.
For the children of Palestine.
2025.03.24


Coucou Anne-Lise,
Ces derniers jours, je pensais beaucoup à toi. J’ai même failli passer chez toi dans l’après-midi. Comme j’étais soucieuse, je n’ai pas voulu prendre le risque de t’envahir avec mes basses énergies. Ton poème est bien amer ; sans doute mieux que cela sorte. Je t’embrasse, Céci
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