Le temps ne peut se perdre que s’il est compté
J’arrête de compter le temps et je l’ai tout entier
J’arrête de compter le temps et je le perds tout à fait
J’arrête de compter le temps et le temps n’existe plus
Je mets le temps au service du non-agir
Et il devient du non-temps au service de mon action
Je m’accorde au temps minéral
Je m’accorde au temps stellaire
Sur des vibrations dont la résonance naît dans la nuit des temps
Dans des gammes qui suivent la logique du cœur de l’espace
Je quitte le rythme du pouls humain
Je danse sur le pouls de la baleine cosmique
Mon élan se déploie sur la cadence comique
Ah ah, ah ah !
Le temps se tord de rire sous les guilis des virgules de vie qui se succèdent sans fin !
Sa distorsion m’entraîne dans une spirale étrange !
Serpent de vie qui se dresse et fulgure au cœur de mes chairs, à la moelle de mes os
Je m’élève dans une vrille temporelle
Vis sans fin dans l’infinie naissance
Je rejoins le suspendu
J’embrasse l’inattendu
J’épouse le non-né
Tout reprend sa place
Les montagnes, les abysses
Les vides et les pleins
Les vivants et les morts
Les vivants déjà morts, les morts déjà vivants
Au mi-temps de ma vie, je stoppe le décompte
Et j’entre en courant dans le courant du temps
Celui qui compte vraiment
Et qui se vit content

