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Alma-sœur

Alma-sœur

A quatre mains ou en quatrains s’écrivent nos chemins qui se croisent
Plume blanche dans la main droite, crayon noir dans la gauche
Les arabesques des mots tracés comme les patins à glace
Tracent des volutes miroirs dans le papier cellulosé

Nos existences comme les mots sont comme des rencontres fortuites
Qui créent des bulles de fusion et des flocons de concordance
C’est l’amitié qui s’émulsionne, les blancs en neige qui montent et prennent
La grande alchimie des atomes qui crochent, s’accrochent et créent de l’or

Au long de la roue de la vie, nos pores s’arriment aux mêmes ports
Alors nos écoutilles s’ouvrent sur les mêmes chants d’amour bercé
Oh, mon amie, entends-tu cette anguille-sirène qui lance sa mélopée rose ?
A cheval sur l’écume qui ose, elle brandit nos destins communs

Rien ne pourra extriquer notre amitié enchevêtrée
Rien pour démêler les flux de nos vaisseaux qui fusionnent
Nos âmes sœurs s’expriment en chœur et chantent avec leur voix de cœur
Siamoises à l’organe unique, si elles sont séparées elles meurent

Tu es de ma famille, ma sœur, nos sangs bouillonnent du même feu
Notre cœur vit du même rythme, celui du tambour qui bat
Chacune sur un morceau de Terre, nos ventres soufflent un même élan
Et notre quatre mains se dessinent une route pour marcher à deux

Au milieu de ton front j’ai vu une petite pierre de mokaïte
Elle est semblable à celle qui creuse son nid au-dessus de mes yeux
Nos jaspes jumelles s’illuminent chaque fois que nos pensées s’unissent
Et à ce rayon fantastique s’abreuve le soleil levant


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Rebord

Rebord

L’expansion du néant mène à l’éternité
Mirages, éclosions de nymphes, narcisses sur la tombe
C’est la renaissance ultime
L’extravague assumée de l’incarnation

Rebord

Un pas et puis l’inconnu
L’invu, l’insenti, l’ingoûté, l’inentendu, l’intouché
Se posent les limites de l’intention
Les mythes et les tensions

Rebord

Ce pas va-t-il être franchi vers la vacuité ?
Dans le palpé-roulé du ressac amniotique
Va-t-il se dissoudre l’humain aseptique ?
Va-t-elle advenir l’inondation du cœur ?

Rebord

Sur la frontière des mondes le pied hésite et flanche
Lâcher-prise, lâche et prise, lâche éprise
Vois ce pied qui suppose, sans jamais ni oser ni se poser
Vivre sur le rebord et boire la rosée

Rebord

En équilibre sur la crête, la glissade en intuition
La démarche trébuche et tout peut arriver
« Allons ! » chante le cœur « A l’aide » crie la raison
Tel est l’humain qui découvre l’étendue des possibles

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Re-naître

M’extraire de principes corsetés
Défoncer mes mémoires chevillées
Dévisser les stress, déclipser les peurs
Arracher les rivets du qu’en dira-t-on
Faire sauter les verrous de croyances dépassées
Me dégager des gaines étroites du doute
Sortir du labyrinthe du mensonge
M’extirper des méandres tortueux de la vanité
Tronçonner mes certitudes
Dérouler le cercle du vice, rouler celui de la vertu
Tirer le fil du chemin inconnu
Suivre le chant de l’oiseau migrateur
Être le serpent qui mue et qui se meut
Être l’énergie de l’espoir
Renaître à la vie comme un poussin joyeux
Voir la beauté du Monde !

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Petit poème 2021.01.12

A la recherche  de la plus belle étoile du firmament
Il a laissé s’éteindre le feu
A la recherche d’une réponse dans les livres
Il  n’a pas vu que l’oiseau se posait à sa fenêtre
A la recherche d’un amour véritable
Il a omis de planter un arbre
A la recherche de la jouissance des sens
Il n’a jamais osé danser sans raison
A la recherche de la vérité absolue
Il est resté sourd au bruit du vent
A la recherche d’un sens à sa vie
Il a oublié de vivre

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L’instant nous tend

L’instant nous tend

S’il suffit de quelques notes de piano
Pour sentir en nous la joie
S’il suffit d’un sourire ami
Pour décoller du plancher des vaches
Et rejoindre des cieux magiques
Alors qu’attendons-nous ?
L’instant présent se renouvelle à chaque instant présent
Et le bonheur de le vivre est à chaque instant plus réel
Laissons-nous glisser sur la perle de brume
Laissons-nous reposer sur le fil de l’araignée
Bien sûr que le bonheur est là pour nous et pour toujours
Au début de chaque seconde, à la fin de chaque mot
Alors qu’attendons-nous ?
Tenons-nous la main, embrassons-nous, rions !
Le reste n’a aucun sens
Le reste n’est que chimère
Le reste ne reste pas
Quand je danse, je danse l’instant
Quand j’aime, j’aime l’instant
Quand je vis, je vis l’instant
Je ne cours vers la mort que quand j’attends l’instant, le bon moment
Le temps qui se distend éloigne Toi de Moi
L’instant ne s’attend pas, l’instant n’attend pas et ne passe pas
Quand les souvenirs effacent, que l’avenir interroge
L’instant lui est la force immense de la vie qui va
L’instant nous tend
Un moi vers l’autre moi
Le reste n’importe pas
Le reste n’existe pas
Nous sommes là à temps pour vivre cet instant
Serre-moi dans tes bras
L’instant qui arrivera, lui, est déjà là