Mirage -2-

Mirage -2-

A Ulan Bator
j’ai appris le sens du mot rêver
j’ai appris à respirer à l’envers, à avaler l’air en soufflant, à l’expulser en soupirant
c’est un travail de longue haleine
qui vaut le coup
qui vaut le coup

A Ulan je vole
sans savoir où j’atterris
tout dépend de l’endroit d’où je décolle
de l’endroit où je tombe folle
C’est loin là-bas et il fait froid
Alors j’y serre mon voisin, comme avec un vieux copain
Et ça rapproche, ça abiboche

Le voyage jusque là-bas commence toujours avec le soir
Quand comme la poupée de Brassens je ferme les yeux quand je me couche
J’avance les mains devant, car je ne sais jamais ce que je trouve
A tâtons, dans le brouillard épais de la toundra mégapole
Cheval, chien, faucon, chèvre m’accompagnent
tout près, on se réchauffe

Ulan Bator, violencité, violette fanée, violée la steppe
S’y mêlent stupre et rêveries
S’y mangent câpres et vieilles bouillies
Quoi en penser, et puis qu’y faire, à part faire durer des chimères ?

Quand le Loup Bleu gueule sur la Lune
je
chausse mes guêtres en peau d’ours et je descends jusqu’au grand lac
gelé, tellement qu’on peut y patiner
Ulan Bator me voit partir et crache un long bouillon d’écume
de neige, de givre et de paillettes

Je reviendrai, cité des Khan, je reviendrai sans doute demain
ou vendredi
Jamais plus je ne pourrai vivre sans tes froids feux follets
ni tes fiers ennemis

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