Mickey m’a niqué

Mickey m’a niqué

Pourquoi dans la vie on n’a pas le droit à un tour gratuit

pourquoi on n’attrape jamais la queue du Mickey même quand on le connaît

moi

je serais remontée sur autre chose que

sur ces deux targettes qui claudiquent

j’aurais

opté

pour l’avion biplan jaune et blanc avec une vraie hélice devant et un vol

ant

qui tourne et un klaxon chouette qui fait pouêt quand on l’écrase du poing

et une manette qui clignote et t’attire et que quand tu la

tires

tu décolles d’un mètre du plancher des vaches

la vache !

mais non la vie ce n’est pas le manège même si je tourne en rond

si je reste sans un rond

ce n’est pas Zébulon tournicoton

Pollux c’est du luxe

la vie ce n’est pas du

coton

c’est du plomb dans les ailes et dans les nichons

la vie bibendum le roulis le tangage des car

tilages

avec l’âge je deviens sage je me raisonne

je ne tire plus la queue de personne je me laisse tourner

comme un bonhomme michelin une vieille toupie je deviens

un tapis

de sol

moi je dis

mieux vaut encore que je me tamponne en auto chez Dédé à côté

ça coûte pas plus cher la musique est plus classe

quitte à finir en paillasson

je choisis la chanson

En Rouge et Noir Jeanne Mas

photo_1340973851

Convoi Sanitaire

Convoi sanitaire

Génial !
mon génie de bacchanales
m’accorde un sursis de succion
de sucs
j’arrive butor dans mon giravion aéronef à rotor en hyper sus
tentation dans les airs
déploie mes talents avioniques ma
pratique
d’atterrissage en terrain miné je
manie magnifiquement le manche because baptême bionique
en douceur sans heurt
je mets le cap sur le décapsuleur
je me pose cool sur la goule fuselée
d’une bouteille
et
hop
pilote automate
je m’alanguis enfin la langue en entonnoir jusqu’au cul con
vexe
de la burette
j’envoie convoyer le tord-boyau dans le compartiment à fret
ce soir c’est fête je vrombis du train
en trin
quant
radars au repos
je troque mon truck ailé contre le planeur en ascensionnel
figures libres dans la station orbitale mir
ette
je m’avitaille en mousse
française
j’adore la seize

Vague à l’ame

Vague à l’âme

Quand la journée déraille
je prends le bus au hasard jusqu’au terminus
je m’assois là et je te regarde
toi
qui rentre du boulot ou qui y va
qui pue du goulot ou de sous les bras
toi qui
dam
un monsieur une dame
l’œil surfant dans le vague
à l’âme accrochée aux doigts qui s’empoignent
entre eux
sur les barres de métal glissantes
tu fais le plancton
tu te soudes aux tubes butes titubes te rattrapes à des manches à des
hanches
à des chemises blanches
tout se joue à la Lambada à la chenille
qui redémarre qui remonte en surface qui descend
qui charrie
des Qui
comme toi profil bas d’où
rien ne transparaît qui ne transpire la
répugnance des sens à coudoyer d’autres gens en partance
dans les effluves des haleines bleues du grand large
face aux évents déployés et aux fanons féroces des employés
à bosse

Des hommes à la mer

Des hommes à la mer

Saluons-les ces capitaines de navires
rouillés qui ont
mouillé
nos côtes nous les ont chatouillé s’y sont
frotté les flancs jusqu’à sentir venir la lave du fond de leur cales
remonter en jets irisés
irritants éructant toujours plus avant vers les
criques
ces héros de tous bords de toutes berges
au ventre vide au regard plein de rides déambulant sur le pont glissant sous leur pelisse humide
traînant du mazout dans leurs soutes depuis le 15 août
dernier
à bout
de force mais féroces toujours
solides solidaires tant que la mer les tient
ces équipages otages qui sabordent la saison
des plagistes bagagistes et des juillettistes en location
tous ces
marins qui bouffent de la morue depuis Riga sur l’Erika
sur des bateaux-baleines hors d’haleine
qui dégueulent leurs tripes noires dans la bouche de
la Loire
tous ces
mêmes marins qui calanchent en cale sèche à Calais
épais comme des galettes avec rien pour tenir que du sel au palais
quand les armateurs arraisonnés jettent leurs armes
et disparaissent dans une lame
de fond
Saluons-les et finissons-en avec ces galions cette galère des mers
que ce soit sur une simple ou une double coque
de noix
leur misère est aussi dégueulasse
que la marée qui passe