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Équinoxe

Nous avions bu tout notre saoul l’eau jaillissant des rochers
Ri dans le vent glacé, couru après les comètes
Plus rien dans l’hiver ne nous étonnerait encore
Ni engelure brûlante, ni crevasse du derme

En ours mal léchés, nous l’avions traversée
La longue nuit venteuse et le frimas givrant
Du fond de notre couche, pelotonnés en rond
Nous avions hiberné quelques mois de câlins

C’est l’odeur capiteuse des pruniers sauvages
En fleurs sur la colline qui nous a réveillés
Chatouillis des narines, pollens prématurés
Et puis le mimosa comme une douche froide !

Nous étions engourdis et raides comme les courges
Oubliées dans la terre du jardin comestible
Mais nos cœurs se tendaient en graines rebondies
Gonflés d’une énergie jusqu’alors inconnue

Nous pouvions ressentir le germe impétueux
D’un printemps à venir dans nos cellules vertes
Nous étions sur le point d’accoucher de nous-mêmes
Dans les lueurs croisées de Soleil et de Lune

Alors nous avons joint et croisé nos doigts froids
Formant de ces chenilles de gracieux papillons
Et dans la prière jaune des lueurs parturientes
Nous avons invité l’équinoxe à éclore

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Alma-sœur

Alma-sœur

A quatre mains ou en quatrains s’écrivent nos chemins qui se croisent
Plume blanche dans la main droite, crayon noir dans la gauche
Les arabesques des mots tracés comme les patins à glace
Tracent des volutes miroirs dans le papier cellulosé

Nos existences comme les mots sont comme des rencontres fortuites
Qui créent des bulles de fusion et des flocons de concordance
C’est l’amitié qui s’émulsionne, les blancs en neige qui montent et prennent
La grande alchimie des atomes qui crochent, s’accrochent et créent de l’or

Au long de la roue de la vie, nos pores s’arriment aux mêmes ports
Alors nos écoutilles s’ouvrent sur les mêmes chants d’amour bercé
Oh, mon amie, entends-tu cette anguille-sirène qui lance sa mélopée rose ?
A cheval sur l’écume qui ose, elle brandit nos destins communs

Rien ne pourra extriquer notre amitié enchevêtrée
Rien pour démêler les flux de nos vaisseaux qui fusionnent
Nos âmes sœurs s’expriment en chœur et chantent avec leur voix de cœur
Siamoises à l’organe unique, si elles sont séparées elles meurent

Tu es de ma famille, ma sœur, nos sangs bouillonnent du même feu
Notre cœur vit du même rythme, celui du tambour qui bat
Chacune sur un morceau de Terre, nos ventres soufflent un même élan
Et notre quatre mains se dessinent une route pour marcher à deux

Au milieu de ton front j’ai vu une petite pierre de mokaïte
Elle est semblable à celle qui creuse son nid au-dessus de mes yeux
Nos jaspes jumelles s’illuminent chaque fois que nos pensées s’unissent
Et à ce rayon fantastique s’abreuve le soleil levant


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Rebord

Rebord

L’expansion du néant mène à l’éternité
Mirages, éclosions de nymphes, narcisses sur la tombe
C’est la renaissance ultime
L’extravague assumée de l’incarnation

Rebord

Un pas et puis l’inconnu
L’invu, l’insenti, l’ingoûté, l’inentendu, l’intouché
Se posent les limites de l’intention
Les mythes et les tensions

Rebord

Ce pas va-t-il être franchi vers la vacuité ?
Dans le palpé-roulé du ressac amniotique
Va-t-il se dissoudre l’humain aseptique ?
Va-t-elle advenir l’inondation du cœur ?

Rebord

Sur la frontière des mondes le pied hésite et flanche
Lâcher-prise, lâche et prise, lâche éprise
Vois ce pied qui suppose, sans jamais ni oser ni se poser
Vivre sur le rebord et boire la rosée

Rebord

En équilibre sur la crête, la glissade en intuition
La démarche trébuche et tout peut arriver
« Allons ! » chante le cœur « A l’aide » crie la raison
Tel est l’humain qui découvre l’étendue des possibles

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Re-naître

M’extraire de principes corsetés
Défoncer mes mémoires chevillées
Dévisser les stress, déclipser les peurs
Arracher les rivets du qu’en dira-t-on
Faire sauter les verrous de croyances dépassées
Me dégager des gaines étroites du doute
Sortir du labyrinthe du mensonge
M’extirper des méandres tortueux de la vanité
Tronçonner mes certitudes
Dérouler le cercle du vice, rouler celui de la vertu
Tirer le fil du chemin inconnu
Suivre le chant de l’oiseau migrateur
Être le serpent qui mue et qui se meut
Être l’énergie de l’espoir
Renaître à la vie comme un poussin joyeux
Voir la beauté du Monde !

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Petit poème 2021.01.12

A la recherche  de la plus belle étoile du firmament
Il a laissé s’éteindre le feu
A la recherche d’une réponse dans les livres
Il  n’a pas vu que l’oiseau se posait à sa fenêtre
A la recherche d’un amour véritable
Il a omis de planter un arbre
A la recherche de la jouissance des sens
Il n’a jamais osé danser sans raison
A la recherche de la vérité absolue
Il est resté sourd au bruit du vent
A la recherche d’un sens à sa vie
Il a oublié de vivre