Contretemps

Convoi Sanitaire

Convoi sanitaire

Génial !
mon génie de bacchanales
m’accorde un sursis de succion
de sucs
j’arrive butor dans mon giravion aéronef à rotor en hyper sus
tentation dans les airs
déploie mes talents avioniques ma
pratique
d’atterrissage en terrain miné je
manie magnifiquement le manche because baptême bionique
en douceur sans heurt
je mets le cap sur le décapsuleur
je me pose cool sur la goule fuselée
d’une bouteille
et
hop
pilote automate
je m’alanguis enfin la langue en entonnoir jusqu’au cul con
vexe
de la burette
j’envoie convoyer le tord-boyau dans le compartiment à fret
ce soir c’est fête je vrombis du train
en trin
quant
radars au repos
je troque mon truck ailé contre le planeur en ascensionnel
figures libres dans la station orbitale mir
ette
je m’avitaille en mousse
française
j’adore la seize

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Lily de mai

Lily de mai

Une clochette de muguet a fleuri sur ton ventre
Et je reste sans rien faire à la voir vaciller
Sur sa tige vert tendre si fragile et si pâle
Qu’une sieste de papillon la ferait se plier

C’est encore le printemps qui revient par chez nous
C’est encore les oiseaux qui remplissent leur nid
De jolis petits cocos que l’enfant mangera tout chaud
Avec une p’tite cuillère et des mouillettes tendres

C’est encore le printemps sur les fils à linge vides
Où ne tangueront plus tes jupettes à volant
C’est encore le printemps et pourtant c’est bizarre
Je pensais qu’il ne reviendrait plus maintenant

Dans ta chambre ce matin, j’ai essuyé l’armoire
J’ai secoué la couette, aspiré le tapis
C’est fou comme la poussière se dépose sans relâche
Dès que le silence pèse sur un lieu endormi

Tout me glisse dessus désormais comme de l’eau
Plus rien n’arrivera qui me fera trembler
J’ai là une carapace de nacre sur la peau
Sur laquelle même la pluie ne pourra s’accrocher

La petite clochette tinte dans le vent
Un petit air mignon, une berceuse pour enfant
Est-ce toi qui chantonne à travers sa corolle
Et qui veux que je dorme parmi les herbes folles ?

La clochette tremblotte et semble sous un charme
De part dessous la terre qui se gorge de mes larmes
Est-ce toi mon enfant qui danse la farandole
Et qui veux que je danse aussi, comme une folle ?

Contretemps

Vague à l’ame

Vague à l’âme

Quand la journée déraille
je prends le bus au hasard jusqu’au terminus
je m’assois là et je te regarde
toi
qui rentre du boulot ou qui y va
qui pue du goulot ou de sous les bras
toi qui
dam
un monsieur une dame
l’œil surfant dans le vague
à l’âme accrochée aux doigts qui s’empoignent
entre eux
sur les barres de métal glissantes
tu fais le plancton
tu te soudes aux tubes butes titubes te rattrapes à des manches à des
hanches
à des chemises blanches
tout se joue à la Lambada à la chenille
qui redémarre qui remonte en surface qui descend
qui charrie
des Qui
comme toi profil bas d’où
rien ne transparaît qui ne transpire la
répugnance des sens à coudoyer d’autres gens en partance
dans les effluves des haleines bleues du grand large
face aux évents déployés et aux fanons féroces des employés
à bosse

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La Blanche

La blanche

Colombe, colombe, colombe
Colombe du fumier
Colombe à chewing-gum
Colombe sur le trottoir
Tu grisonnes déjà, toi pourtant si candide
Ta blancheur n’éclate plus sur le goudron qui brille
Colombe des boulevards
Colombe de cauchemar
Où as-tu marchandé ton hymen de dentelle ?
Dans quel bouge immonde t’es-tu laissée plumer ?
Ta poitrine pigeonnante pend de ton décolleté
Et ta parure de marbre traîne dans la fange
Qu’as-tu fait de nos vœux, nos bonnes résolutions ?
As-tu troqué la paix cachée dans ton écrin
Contre trois grains de blé sur le marché aux poules ?
As-tu joué l’espoir dans un tripot miteux
Contre une nuit de sexe et dix grammes de poudre ?

Où es-tu maintenant que le ciel te réclame ?
Où es-tu quand la terre bascule dans le chaos ?
Où est ton chaud duvet de ouate immaculée ?
Tu nous as lâché. Tu nous laisses crever. Toi déjà moribonde. Toi au pied de ta tombe.
Pauvre enfant de la bombe.
Colombe.

Colombe, colombe, colombe !
Arrête donc la blanche, tout est perdu maintenant, tout vire au rouge sang !
C’est fichu, détraqué, y’a plus rien qui répond
Plus de place pour la paix dans un monde de fric
Quand tu déploies tes ailes au-dessus de l’Asie
Tu picores l’Amérique
Tu pisses sur l’Europe
Et tu chies sur l’Afrique !

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Poisson Guitare

Poisson Guitare

Tu es un poisson guitare
On ne te trouve que par les fonds
Où les requins sont tous de quart
Et où les raies tournent en rond

Mardi je t’ai vu sur une crête
Sortir tes ouïes d’une déferlante
Tu m’as fait un sacré effet
Tu m’as parlé une drôle de langue

Des mots qui sentent le reflux
Et qui te moussent au coin des lèvres
Un idiome de clapots sous l’évent
Qui se démonte au moindre vent

C’est vrai, je n’ai pas tout compris
A ce dialecte de murène
Et je n’ai pas cédé non plus
A ta rengaine de sirène

Peut-être aurais-je dû te suivre
Dans les bas-fonds où tu patrouilles
Peut-être aurais-je dû délaisser
L’air rassurant chargé de rouille
De mon escale

Toi,
Django volant de cartilage
Sur le trident fier de Neptune
Toi qui sort vainqueur de la nasse
Et qui m’enivre de tes effluves

On se verra samedi soir
Si tu remontes le mascaret
Fais bien sonner de ta guitare
Quand tu écumes les cabarets
Je serai là, je t’attendrai